Ailleurs. Toujours.

 

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Ailleurs.
Des rêveries qui cheminent sur une route lointaine, celle que l’on dit « de la soie ».
Je m’attarde à des visions.
Femmes, belles, dans leurs lourds manteaux patinés par les terres qu’elles foulent,
portant leurs enfants sur elles comme des bijoux.
Personnages aux couleurs de feu qui accumulent sur leurs épaules des sacs d’étoffe. Chargés.
Êtres aux robes d’air et d’eau voltigeant avec les oiseaux, jonglant avec les étoiles. Légers.
Collines écarlates, palais en Cachemire de laine.
S’y blottir.


Toujours.
Un appétit de couleurs depuis l’enfance.
D’encres transparentes, de gouaches mates, de velours, de coton tissé-teint, de laine cardée…
Les tissus en héritage d’une famille d’artisans.
Trente ans à reprendre chaque matin le même ouvrage, et trouver dans chaque variation
une nouvelle facette de beauté.


Ailleurs.
Dans mes mains, l’inconnu.
Elles cousent, découpent, peignent, attachent, rassemblent.
Virtuoses, à force. Obéissant à des intentions qui m’échappent :
densité chromatique, épaisseurs, surcharges,
le pli, le rempli, le caché, le scellé,
l’amande, la cosse, la graine.

Mes yeux surveillent, de loin.
S’ils s’ennuient, je jette.
S’ils s’étonnent, je prends.
S’ils rient, je donne à voir.


Toujours.
Jouer tous les jours avec ce que je ne connais pas.
Ce qui n’a pas de nom.
Ce qui entraîne, compose, s’impose.
Tisser ici en tout petit ce qui se trame partout en grand.
En découdre avec l’éternité ?                        



Catherine Bihl
1er décembre 2017

 


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